Savoir-faire

Liens socio-techniques

Tout est fait pour que chez le consommateur l’acte d’achat soit déconnecté de ses réelles conséquences humaines, environnementales et sociales. Pour jouir et gaspiller sans honte, il faut cacher les véritables coûts humains des produits, les lieux et modes de production, les impacts sociaux, etc.”, François Brune (Le Bonheur conforme, Éditions Gallimard, 1985).

Le projet de l'Atelier Soudé est né d’un constat double: la distanciation des utilisateurs face à leurs appareils électroniques d’une part, et l’augmentation des déchets électroniques et électriques liés au remplacement de ces appareils d’autre part. Notre proposition : ​diminuer les déchets ​électroniques et électriques à la source tout en ​ autonomisant l’utilisateur. L’accompagnement de chacun dans la démarche de réappropriation de ses appareils, via leur ​ compréhension​ et leur ​ réparation​ , permet à nos yeux un engagement fort dans la transition écologique et citoyenne. (catalogue_activites_atelier_soude_2016.pdf)


Former à la matière pour se connecter à soi, à l’autre et au monde. (PDF). Et si la matière pouvait nous aider à nous reconnecter au monde ? C’est ce que propose le centre de recherche et d’expérimentation amàco - atelier matières à construire, en développant des contenus et méthodes pédagogiques confrontant les différentes natures, fonctions et utilisations de la matière brute et peu transformée dans le domaine de la construction. A partir d’ une approche transdisciplinaire, l’apprenant, en formation initiale ou continue dans le domaine de la construction, est invité à prendre conscience des liens qui existent entre la matière qui compose le monde, les autres et le soi. En laissant la matière s’exprimer, en la manipulant, en la modifiant, en échangeant avec elle, amàco propose de répondre aux besoins des apprenants de lier conception avec réalisation, vision du monde avec mise en pratique. De cette relation au monde et à la matière, amàco souhaite impulser chez les apprenants une créativité illimitée, fruit d’influences multiples telles que le territoire, le matériau, l’environnement économique, culturel et social, le climat, le temps, les sensibilités personnelles, les sensations corporelles, etc

Savoirs manuels vs conceptuels

Les jeunes diplômés, la tentation des métiers manuels. Des milliers de jeunes diplômés de niveau bac+5 déçus par le marché du travail choisissent chaque année de se réorienter vers des métiers manuels. […]I l décide de bifurquer pour « faire quelque chose, créer un produit de bout en bout ». Un passionné de distillation, Loïc est désormais inscrit en master de distillerie à l’université Heriot-Watt, en Ecosse. Il y apprend un métier manuel et technique, presque alchimique, loin des logiques de pouvoir à la « House of Cards ». (lemonde.fr)

Le mépris dont est l’objet l’enseignement technique pénalise les élèves.
Un collège véritablement « unique » donnera autant d’importance aux activités techniques et technologiques qu’aux disciplines dites générales, explique le linguiste Alain Bentolila. Les collégiens les plus fragiles sont ceux qui, privés des outils intellectuels essentiels et ayant perdu le goût d’apprendre, se voient souvent « honteusement » proposer une orientation professionnelle par défaut ; comme si les activités manuelles étaient le juste aboutissement ou la juste sanction de l’échec scolaire. Disons-le fortement, il s’agit là d’une insulte aux savoirs fondamentaux comme à la noblesse du geste. Le geste comme la parole assurent aujourd’hui une prise de moins en moins ferme sur le monde. Et nous devons nous inquiéter du mépris que l’on porte à un travail manuel exigeant et noble comme de l’indifférence que l’on témoigne à une langue juste et précise. Je déteste ce goût, complaisamment partagé, pour l’imprécision et la banalité de l’un et de l’autre au détriment de la rigueur et de l’originalité qu’on leur doit. Dans notre système scolaire, le « dire » comme le « faire » ont ainsi subi les mêmes pressions perverses que ceux qui ont abandonné toute exigence de transmission. C’est ce renoncement qui a fait qu’aujourd’hui, dans le cursus scolaire des élèves, le travail de la main est devenu la honteuse compensation des insuffisances de la tête. Comment accepter d’entendre un conseiller d’orientation, un peu gêné, dire en aparté, à des parents confus, à l’issue d’un conseil de classe : « Vous savez, Antoine n’aime pas trop les activités intellectuelles ; il ne lit quasiment pas, écrit très peu et en plus il a une orthographe épouvantable… Peut-être serait-il plus à son aise, plus heureux, dans une filière professionnelle… » Et ce père ou cette mère un peu honteux, un peu coupable de n’avoir pas réussi à générer un surdoué, s’inclinera en se disant que c’est sans doute mieux ainsi. (lemonde.fr)

“L'apprentissage passe par la répétition d'un ou de plusieurs mouvements. Ce qui conduira à une maîtrise totale du ou des mouvements en question : comme les lignes d'écriture pour maîtriser l'exécution complexe des lettres. Comme une musicien qui répète pendant des heures, des mois et des années les mêmes mouvements dans le but de maîtriser son instrument et de pouvoir être justement créatif. C'est la maîtrise d'une chose qui nous permet d'être libre. Si vous ne maîtrisez le piano, comment pourriez-vous être libre d'interpréter le morceau que vous avez en tête ? Lorsque l'on ne maîtrise pas une technique qui nous est pourtant nécessaire, on ressent une grande frustration de ne pas pouvoir s'exprimer comme on le souhaite ! La parole aussi s'acquiert par la répétition. Le but n'est de faire des enfants des automates mais bien de leur faire maîtriser des gestes dont ils vont avoir besoin au quotidien pour être autonome : boutonner son gilet, lacer ses chaussures, etc. L'exécution de mouvements précis leur permet de mieux se mouvoir et d'être plus libres de leurs mouvements !” (source)

Pour Joël Chevrier, la seule solution pour échapper à la concurrence des systèmes artificiels intelligents est de ne plus penser la formation en opposant “faire” et “penser” (lien)

Apprentissage tout au long de la vie

Les talents d'Alphonse
Apprenez le savoir-faire d'un retraité. Rencontrez des jeunes retraités passionnés qui habitent votre quartier et apprenez une passion à leurs côtés !

CHAIRES IDIS

CHAIRES IDIS - Industrie, design et innovation sociale
La première chaire de design créée dans une école supérieure d’art française – L’ESAD de Reims – est une plateforme créative, soutenue par la Région Grand Est et par le Ministère de la culture et de la communication. Portée par Véronique Maire, designer, elle associe de façon inédite, à l’échelle du territoire régional, des structures de recherche universitaires et des acteurs de la production – pme, industries et artisans du territoire – qu’elle nourrit de la culture et la méthodologie du design. La recherche est centrée sur la pratique et veut faire émerger des champs d’innovation, permettre la création d’objets industriels ou artisanaux nouveaux, et diversifier l’activité de production en Région.

Dans ce contexte, l’écosystème des différents acteurs, délimité par le territoire considéré, prend toute son importance, au niveau des compétences comme des connaissances. Le partage n’est plus seulement un mode de relation mais la base même de la production. En appliquant les notions d’innovation et de production au tissu artisanal et industriel champardennais, le designer est le médiateur et producteur des formes que peut prendre l’innovation. La Chaire IDIS entend poser la question différemment, en formant l’hypothèse que de nouvelles formes élargies de production, fondées sur le partage, la contribution et la transmission, augmente l’appareil productif d’une valeur sociale et culturelle nouvelle (Stiegler, 2008).

Les ateliers FAIRE SAVOIR proposent à tout un chacun de découvrir un métier manuel, à travers la fabrication d’un objet d’usage collectif avec l’aide d’un(e) homme/femme de métier proche de chez soi. Il permet une première expérience afin de créer des déclics et changer l’image perçue de ces métiers désavoués. La méthode de conception des objets supports de découverte est réplicable à d’autres métiers et territoires. Le choix de l’objet collectif est fait en accord avec ses habitants, puis il est co-conçu avec l’homme de métier par son processus de fabrication, afin de faire découvrir un panel de techniques du métier. Deux ateliers pilotes ont été mis en place: dans le Nord Pas de Calais autour du métier de chaudronnier, et en Haute Marne, dans le cadre de ma résidence à la Chaire Industrie Design et Innovation Sociale, focalisée sur le mouleur-fondeur. Une gamme de mobiliers simplifiant la mise en place de ces ateliers pour une variété de lieux et métiers a été conçue rétrospectivement. (Luce Aknin, pdf)

FONDATION HERMÈS

Fondation d’entreprise Hermès

L’action de la Fondation d’entreprise Hermès repose sur une conviction : les métiers basés sur la maîtrise des gestes sont vecteurs d’épanouissement voire, dans certains contextes, d’amélioration des conditions de vie. La Fondation s’engage auprès d’organismes qui oeuvrent dans ce champ, selon des modalités adaptées aux différents contextes sociaux et géographiques

  • Manufacto. La Fondation d’entreprise Hermès lance Manufacto, la fabrique des savoir-faire, un nouveau programme destiné à sensibiliser les jeunes aux métiers de la main. Dès cette année, des classes pilotes s’ouvrent à l’artisanat pour découvrir des matières et savoir-faire, mais aussi aborder la culture de l’objet.
  • Académie des savoir-faire : Métal, Bois, Terre

Maîtrise des processus de fabrication

“La division du travail dépossède le travailleur de ses moyens de production et doit être comprise aussi comme dépossession de lui-même, de ses capacités pratiques et innovatrices, de sa valeur.” Michel Freyssenet, La division capitaliste du travail, 1977

MANIFESTE DES OEUVRIERS
Le monde du travail pâtit de la perte des savoirs et de la déresponsabilisation. L’enjeu pour chacun est désormais de revenir à “l’œuvre”, suggère le psychanalyste Roland Gori, dans un livre écrit avec le musicien Bernard Lubat et le journaliste Charles Silvestre. “Oeuvriers, il y a dans ce mot, énigmatique, aux multiples sens, une intuition, l'intuition d'une urgence et de la nécessité de révolutionner la relation au travail, à la vie. Il faut en finir avec le “travail en miettes” qui transforme chacun de nos métiers en chaîne de production standardisée, fabriquant des objets et des services sans saveurs ni originalité, et un monde glacial et désenchanté. L'oeuvre n'est pas incompatible avec le travail, le travail bien fait dans l'amitié et le goût. On peut gagner sa vie mais aussi la partager avec les autres en produisant des objets et des services de qualité. Il faut pour cela restituer aux conditions sociales des métiers leurs dimensions artisanales et artistiques, faire oeuvre”. C'est une urgence. Urgence démocratique autant que subjective.“ (telerama.fr)

“Nous partons du principe que les paysans sont assez bien placés pour répondre de manière pertinente aux défis du développement agricole : les agriculteur-trice-s innovent par eux-mêmes sur leurs fermes. Mieux ! En groupe, en réseau ou avec l’appui d’un animateur technique, ces derniers savent élaborer collectivement des réponses adaptées. Nous portons l’idée que les choix techniques doivent être faits avec/par/pour les agriculteurs, et plus globalement, que la Technique doit être investie collectivement pour se mettre au service de ceux qui l’utilisent. Nous mesurons toute l’importance des réseaux socio-techniques de producteurs, à la fois dans la production et le partage de savoirs. Atelier paysan

Anthropotechnologie

L’anthropotechnologie concentre ses actions depuis trente ans sur l’étude et l’amélioration des conditions de travail et de vie des populations à travers le monde. Elle oriente les acteurs des processus de conception en les rendant attentifs au « facteur humain », à ses composantes sociales, culturelles et environnementales. Elle valorise par conséquent une conception des techniques respectueuse des personnes, de leurs manières de penser et d’agir dans des contextes spécifiques.

Ressources :

Hacker

Manifeste Hacker
Dans une évolution chaotique de la domination, depuis la propriété du sol jusqu'à l'abstraction du capitalisme intégré par les normes du vecteur, l'objet actuel de l’ouvrage pourrait être la libération de l'information. On lit, à la fin de l’article 006 : « Le mot d’ordre de la classe Hacker n’est pas que les travailleurs du monde se lient, comme ils purent s’unir autrefois, mais que les travaux du monde se délient. »

La classe des “vectoralistes” fusionne toutes les classes de la domination rentable. La classe “hacker” est celle des inventeurs, des producteurs d’abstraction, dont la classe vectoraliste tire les ruses du renouvellement sans limite de ses profits. À toute époque le vecteur a procuré à la classe dominante l’énergie de ses profits, et des hackers procuraient l'abstraction nécessaire pour marquer les limites du territoire dominé, par exemple la mesure du sol. Mais il est aussi possible de concevoir que l'imprimerie soit une découverte du “hacking”. En somme, l'univers technique dans son entier a été imaginé et conçu par des hackers, qui l'ont actualisé dans la société, tandis que des classes dominantes se succédèrent pour exploiter ces inventions aux dépens de la société. Aujourd’hui, le vecteur est la forme abstraite, mais directe et majeure, de la domination elle-même.

La classe des vectoralistes est celle qui prétend contenir et détenir les idées, pour les rendre exécutives ou les mettre en circulation à son seul profit ; aujourd'hui elle domine non seulement les peuples mais encore les capitalistes - qui en dépendent. Le processus des enveloppes pour contenir les territoires rentables est injuste pour les hommes, il installe la rareté, et par conséquent empêche le partage des richesses. Mais de plus, le processus de la limitation est mortifère, car il tend à faire disparaître les conditions de l’invention elles-mêmes. Au contraire, les hackers forment une classe abstraite mais qui ne peut produire que librement ; les hackers exercent la vitalité des sociétés. Quels que soient leurs domaines d’activité et quel que soit leur statut d’inventeurs (autonome ou de service), les hackers forment une classe diffuse et diverse, délocalisée, et pour produire de nouvelles idées celle-ci se donne de recourir librement aux ressources, ce qu’elle peut aider à généraliser pour les autres.


“Hardware, says Bunnie Huang, is a world without secrets: if you go deep enough, even the most important key is expressed in silicon or fuses. His is a world without mysteries, only unexplored spaces. This is a look inside a mind without peer.”—Edward Snowden

For over a decade, Andrew “bunnie” Huang, one of the world's most esteemed hackers, has shaped the fields of hacking and hardware, from his cult-classic book Hacking the Xbox to the open-source laptop Novena and his mentorship of various hardware startups and developers. In The Hardware Hacker, Huang shares his experiences in manufacturing and open hardware, creating an illuminating and compelling career retrospective. Huang's journey starts with his first visit to the staggering electronics markets in Shenzhen, with booths overflowing with capacitors, memory chips, voltmeters, and possibility. He shares how he navigated the overwhelming world of Chinese factories to bring chumby, Novena, and Chibitronics to life, covering everything from creating a Bill of Materials to choosing the factory to best fit his needs. Through this collection of personal essays and interviews on topics ranging from the legality of reverse engineering to a comparison of intellectual property practices between China and the United States, bunnie weaves engineering, law, and society into the tapestry of open hardware. With highly detailed passages on the ins and outs of manufacturing and a comprehensive take on the issues associated with open source hardware, The Hardware Hacker is an invaluable resource for aspiring hackers and makers. (makezine)