Dahar
Résidence à la Villa Salammbô – Sousse, Institut français de Tunisie
Ce projet, initié en résidence à la Villa Salammbô, s’intéresse à l’architecture traditionnelle tunisienne et notamment aux troglodytes et ksour du sud tunisien, aux manières d’habiter pensées en lien avec le climat et les ressources locales : patios, ventilation naturelle, moucharabieh, utilisation de matériaux comme la terre, la chaux.
Ces architectures proposent d’autres façons de construire et d’habiter, plus adaptées au territoire, et qui sont source d’inspiration pour le futur, dans un contexte de changement climatique.
À travers ce projet, nous avons cherché à observer ce qui subsiste des gestes de fabrication, des techniques de construction et des manières d’habiter.
Notre travail part du terrain : observation, collecte de motifs, matières et débris de construction, ainsi que de documents d’archives, cartes postales, prises du vues. C’est ce corpus collecté sur place que nous faisons ensuite circuler entre deux approches complémentaires ; une transformation par les procédés anciens et la matière, une autre par les outils numériques.
À partir de ça, nous avons développé des cyanotypes modulaires mêlant éléments réels et imaginaires. Anthony, de son côté, a travaillé à partir d’une IA entraînée localement pour modifier des images prises sur place. Plutôt que de contourner les biais de la machine, il les a explorés pour produire des images étranges, débordant des représentations stéréotypées et exotisantes générées automatiquement. Pour matérialiser ces images, Sophie a travaillé à partir de terres locales, fibres végétales et débris de chantiers, utilisées pour fabriquer des pigments et des supports d’impression.
Ces images hybrides, issues du croisement entre techniques anciennes et outils contemporains, ont pris la forme d’archives spéculatives : des architectures fictives liées aux matériaux et aux savoir-faire du territoire.
Images générées tirées en cyanotype à partir de la photographie de l’hôtel Boujaafar de Sousse, laissé à l’abandon
Cartes postales de l’hôtel Boujaafar, tirées sur des débris de construction situé sur le lieu-même de l’ancien hôtel – brique, marbre, ciment
Ce travail s’est aussi appuyé sur un questionnement autour de notre rapport aux images. Avec le numérique, leurs procédés de fabrication deviennent souvent invisibles et leur dimension matérielle, écologique et industrielle tend à s’effacer. Fabriquer ses propres supports à partir de matériaux récupérés ou locaux a permis de redonner une présence physique aux images et de réactiver des gestes de fabrication.



































