Urbanités ?

Résidence artistique et culturelle de l’Institut français du Maroc 

Un mois à Tanger

Tanger a connu une transformation forte de son environnement urbain, principalement due au développement économique et à la spéculation immobilière. Au milieu de ces changements, les plantes sauvages poussent vaillamment dans les interstices de la ville. Anthony Pillette et Sophie Abraham s’y sont intéressés, les voyant comme des sortes de symboles de la résistance face à l’anthropisation de l’espace.

Aussi, dans un objectif à la fois de représenter et comprendre ces transformations tout en valorisant le patrimoine architectural local et sa flore, les artistes ont photographié quartiers anciens et nouveaux projets urbains, cherchant à saisir les différentes dimensions de cette évolution.

A partir de photographies ils ont créé des « remix » en assemblant des formes issues de divers clichés pour concevoir des architectures imaginaires, tirées grâce à des procédés alternatifs anciens de photographie : cyanotype, van dyke et anthotype.

Aussi, une partie de ces images a été soumise à leurs outils « intelligents » générateurs d’images et de vidéos pour créer des réalités alternatives de Tanger en 2024.

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Résidence photo – Vivian Maier

Résidence territoire artiste-auteur photographe – CC Champsaur-Valgaudemar (Hautes-Alpes), en partenariat avec la DRAC et l’association Vivian Maier

Le projet proposé pour la résidence se concentre sur la capture de portraits d’êtres vivants rencontrés dans la montagne du Champsaur, modifiés par une Intelligence Artificielle et
tirés en cyanotype.
L’objectif est de relever les différents usages de ces lieux tout en utilisant des techniques racontant l’évolution de l’histoire de la photographie, nous transportant dans une altérité futuriste, un déplacement du réel hors de ses frontières, pour questionner notre rapport à l’autre.

Pendant cette résidence je cherche à explorer la relation entre la nature, l’Homme et les technologies tout mettant en lumière les pressions environnementales et sociales telles que le dérèglement climatique, le surtourisme, l’artificialisation des sols …

Aussi, l’intégration de portraits humains et non humains vise à susciter une réflexion sur notre rapport à l’autre et à la nature.

L’usage de l’Intelligence Artificielle pour modifier les portraits offre une nouvelle perspective sur la perception de la montagne et soulève des questions éthiques sur les implications sociales et morales des technologies. En utilisant la technique ancienne du cyanotype, le projet offre une esthétique singulière et explore différentes époques de la photographie, cherchant à susciter une réflexion approfondie sur notre relation avec la nature et à rendre hommage à l’approche artistique novatrice de Vivian Maier.

 

Une partie de ce projet est axée sur la transmission et la création collective :  des ateliers ont permis ainsi aux participants d’explorer des techniques photographiques, mêlant le numérique et l’ancien, pour concevoir des portraits des habitants de la montagne. Ils ont réalisé des portraits d’eux-mêmes et de leur environnement,  qu’ils ont assemblé ave  des éléments imaginaires. Ils nt aussi essayé de les transformer avec l’Intelligence Artificielle pour créer des compositions futuristes. Nous avons également réalisé des tirages cyanotypes sur verre, des virages aux tanins de plante, lichens et terre locale.

 

+ ateliers Collège Vivian Maier, saint-Bonnet en Champsaur, classe de 6ème, avec Céline Bottié
atelier cyanotype, anthotype et sténopé

Artefacts from a future past

EXPOSITION -Te Wai Ngutu Kākā Gallery

 Du 10 au 16 septembre- Auckland CBD – Aotearoa Nouvelle-Zélande

Dans le cadre de la résidence Te Ataata organisée par l’Université AUT à Auckland et l’Ambassade de France de Nouvelle-Zélande.

En associant l’intelligence artificielle à des techniques d’images ayant une histoire plus ancienne – comme la photographie, les cyanotypes et les projecteurs, Anthony Pillette et Sophie Abraham ont posé un regard critique sur les espoirs envisagés par les nouvelles technologies.

L’exposition présentée dans la galerie du centre-ville d’Auckland montre une cinquantaine de travaux réalisés durant les 2 mois de résidence.
Ces œuvres artistiques explorent un monde parallèle proche du notre, ainsi que ses architectures, révélant comment elles affrontent les défis du changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles et la gentrification, ainsi que la dualité entre tradition/protectionnisme et modernité, particulièrement au sein des communautés indigènes, faisant face au capitalisme.

Associé à des textes générés en partie par des  » Intelligences artificielles » chaque série explore un de ces différents thèmes.

Une bande son a également été produite, entremêlant des sons enregistrés dans la ville et dans la forêt, des oiseaux réels ainsi que des sons d’oiseaux synthétiques générés, illustrant un futur dans lequel la frontière entre réel et virtuel s’aminci de jour en jour.

Les travaux seront présentés dans d’autres institutions en Nouvelle-Zélande ces prochains mois.

 

Charter for AI use in art school

Te Ataata

RESIDENCE TE ATAATA

Juillet à septembre 2023 – AUT & Ambassade de France en Nouvelle-Zélande

 

Durant la résidence TE ATAATA à Auckland en Nouvelle-Zélande, Anthony Pillette et Sophie Abraham ont développé leur pratique artistique combinant Intelligence Artificielle et techniques d’impression, pour explorer les biais des nouvelles technologies, et détourner les stéréotypes de ces représentations. Une exposition « Artefacts from a future past » a eu lieu à Auckland, et sera aussi diffusé dans d’autres villes.

 Anthony a également utilisé le « Spectral Synth Scanner », un appareil créé par le collectif Reso-nance, qui génère de la musique à partir d’images.

Quelques mots d’Anthony et Sophie à propos de leur travail : 

 

« En fusionnant les techniques photographiques traditionnelles et la génération d’images de pointe par apprentissage profond, nous essayons de produire un art qui incarne l’intersection de plusieurs mondes – passé et présent, naturel et artificiel, local et mondial »

 

« Alors que nous relevons les défis de l’ère de l’IA, de la crise climatique et de la décolonisation, nos tirages cyanotypes et autres artefacts ouvrent une fenêtre sur un monde où diverses esthétiques et représentations peuvent coexister et s’inspirer mutuellement »

 

Le programme annuel de résidence Te Ataata est une initiative conjointe de l’Ecole d’Art et de design ainsi que de l’Ecole des Futurs Environnements (Auckland University of Technology), de l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande, avec le soutien de l’Institut Français.

Résidence Transat, la Réunion

Résidence Transat

 Dans la continuité de notre résidence « Création en cours » 2020-2021, nous avons été sélectionnés pour participer à « Transat, le festival d’été des résidences d’artistes » organisé par les Ateliers Médicis, avec le projet « Cabanes insulaires« . Nous sommes donc partis un mois en résidence à l’île de la Réunion, en partenariat avec l’association socio-culturelle OU GUIGN’ de La Saline les Bains, l’occasion pour nous de poursuivre notre réflexion en milieu insulaire et les partager lors d’ateliers de création, avec des enfants de la Saline les Bains et Saint-Paul.

Résidence Transat
Restitution des ateliers avec Ou Guign’ à la Saline les Bains

La Réunion comme terrain d’expérimentation permet d’imaginer une île monde, tout en réfléchissant aux notions d’habitat et d’autonomie. Nous avons essayé de questionner la fausse opposition nature/culture et comment restaurer un équilibre entre l’humain avide de progrès et de confort avec les problématiques écologiques liées aux pollutions générées par celui-ci.

Pour cela nous avons crée une carte interactive représentant un archipel fictif, constitué de cabanes flottantes, atoll-refuges et autres îlots fantastiques du futur. Ces graphismes tirés en cyanotypes sont constitués par l’assemblage de fragments de photographies de cases créoles et d’éléments imaginaires. .

Transat
La carte interactive, La Saline les Bains, OU GUIGN’

Nous nous sommes inspirés également de références fictionnelles ainsi que des spécificités architecturales et environnementales locales réelles pour imaginer ces territoires “du futur”, en envisageant et expérimentant de nouvelles pratiques comme la combinatoire, l’assemblage, l’hybridation.

En effet l’hybridation peut être une hybridation graphique, mais elle peut se comprendre aussi en relation à d’autres notions liées intrinsèquement à la nature et au champ du vivant, telles que l’architecture des milieux naturels, la diversité des espèces.

En s’intéressant aux facultés adaptatives des êtres vivants, nous avons imaginé, avec l’aide des enfants, ces territoires insulaires peuplés de créatures hybrides du futur, entre l’être humain, l’animal amphibie et le végétal. Mieux adaptés à la montée des eaux et au réchauffement climatique, leurs habitats sont à leur image.

D’autres axes de création sont mis en place, utilisant les plantes (anthotype) l’observation des animaux, les relations qu’ils entretiennent avec leur milieu. Un nid, une fourmilière, un essaim, ces constructions sont aussi une source d’inspiration pour envisager des utopies d’habitation.

Résidence Transat
Les cabanes insulaires

Des extraits audios à propos de l’habitat, insularité et changement climatique sont liés aux créations graphiques par de l’encre conductive. Ces extraits sont issus d’échanges avec des maraîchers, pépiniéristes, ainsi que d’histoires inventées par les enfants.

Résidence Transat - interview
Enregistrement des micro-fictions écoutables sur la carte

 

La cabane du bricoleur, tirage cyanotype sur tissu